Mercredi 4 octobre 2006
3
04
/10
/2006
20:57
Une fraction de seconde, une de trop. Encore une fois il s'évade vers les confins dévastés et amers de ces mondes qu'il créé. Bruyamment, il sort de son corps, de son esprit, il quitte toute les dimensions connues et part s'évader, loin, très loin de la conscience...
Des mains froides, très froides, au fond de ce cachot étrange. A bien y regarder, il y avait dans cet endroit tout pour dire qu'il s'agît là d'une chambre: des meubles qu'on réserve aux enfants, de ces horribles fournitures d'intérieur aux couleurs criardes censées représenter l'insouciance et la félicité des plus jeunes, il y avait aussi dans cette pièce une lampe de table mais l'ampoule semblait ne plus fonctionner, la fenêtre était crasseuse, et de toute façon le paysage n'était guère plus intéressant; aucune banlieue ne l'est, à proprement parler. Et puis soudain, cette main, sortie de nulle part, cette terreur indescriptible et puis plus rien.
Un rayon de soleil, les ombres de midi, faibles, recluses sur elles-mêmes, repliées, cédant toujours plus à la lumière. Il y avait une grande tente qui protégeait la terrasse de ce qui semblait un restaurant, sous cette tente, s'abritaient des visages étranges, comme plastifiés, figés dans la tranquillité de la mi-journée. Ils regardaient tous vers ce corps étranger, vers ce qui faisait que j'existais pour eux, ils me fixaient de leurs yeux morts, tout leur être regardait vers moi, me scrutait et ne disait rien. Alors l'un d'eux se déforma horriblement, tout à fait horriblement, son faciès de cire se rapprochait de moi, je perdis pied, trébuchait, tentais de reculer, mais il continuait de se déformer en me fixant. Il souriait.
L'espoir de revenir dans notre monde, il l'a parfois eu, la nostalgie des instants de lucidité le prend encore, au plus profond de la nuit, mais décidément, il n'y a plus rien de bon pour lui dans le monde rationnel, plus rien de compréhensible. Tout est si étrange, si lointain.
Par Frankenstoun
-
Publié dans : Divagations Transcendantes
0
-
Recommander
Jeudi 26 janvier 2006
4
26
/01
/2006
20:55
Lentement, très lentement, la feuille se détache de sa branche.
Au fond de la cour, les traits du tueur sont tirés, il hésite entre pleine confiance et doute de celui qui n'a jamais échoué. Il balance entre arrogance et peur viscérale de ce qui pourrait arriver. Pourtant c'est un meurtre de plus, une cigarette de plus à tirer de sa poche et une satisfaction intense à tirer de cette fumée qui s'échappe, qui tourne au dessus du corps meurtri d'un autre qui s'est dressé en travers de la route d'autres gens que le tueur ne connait même pas, de ces gens complètement fictifs, et pourtant redoutables.
Morte, la feuille poursuit sa course à travers le ciel, elle tourbillonne, lentement, au gré du vent.
La proie sort de sa cage, cette cage dans lequelle elle aurait dû rester, si seulement elle avait su que le loup veillait à l'entrée. Pourtant on ne voit jamais le loup blanc quand il se terre dans la neige.
La feuille, dans un dernier élan, tente d'éviter le sol, mais elle est condamnée.
Clic. Le pistolet est chargé. Clac. Le coup est parti. Lentement, très lentement, la balle arrive. Alors dans un dernier regard, fier et digne, la proie regarde le loup, le tueur.
Sur le béton, la feuille se pose enfin, doucement. Pourtant de la violence se dégage de cette scène. La vie n'est plus rien, l'automne est là.
Par Frankenstoun
-
Publié dans : Divagations Transcendantes
0
-
Recommander
Mercredi 25 janvier 2006
3
25
/01
/2006
17:22
Une vague impression, d'abord, comme si quelque chose clochait. Je regarde au loin, pourtant tout semble aller, rien n'est différent, il y a juste... mais déjà ça s'envole, repart dans un coin de ma mémoire, comme une pensée parmi des milliers qui atteignent ma conscience puis repartent, comme si elles n'étaient jamais venues.
Cette pensée là est revenue, au travers des jeux stupide que l'on monte quand il vaut tuer l'ennui, ces jeux où on regarde par un oeil, puis par un autre, ces jeux qu'on aurait presque honte d'avouer, tant ils feraient pitier à regarder si on les voyait, mais comme on sait développer des trésors d'intelligence pour se cacher, tout va bien. C'est donc au cours de ces phases presque... hors du temps, oui, hors du temps, que j'ai découvert un secret affreux, que je n'avais osé croire, que je cachais à ma propre personne.
Peu à peu, je me rendais compte de cette immonde vérité, un vieux démon sortait à nouveau de sa tanière puante, peu à peu, je devenais myope.
Par Frankenstoun
-
Publié dans : Divagations Transcendantes
0
-
Recommander
Mardi 24 janvier 2006
2
24
/01
/2006
15:21
Peut-être que le temps n'efface pas tout? Peut-être que cet hypothétique être vivant dessiné à la hâte restera encore un peu, qu'il pourra vivre, parce que vivre est peut-être un mot trop fort pour un dessin, alors je préfère qu'il survive.
Je n'essaie même plus de me comprendre, de décortiquer chacun de mes mouvement, je préfère... Aller tout droit, cesser de me retourner, de refaire encore et encore, de détruire pour reconstruire, puisqu'il n'y a rien à détruire et donc uniquement du fictif à reconstruire, de l'absurde, de l'improbable. Bâtir un édifice en rêve, et croire qu'il est vrai, c'est un peu ça, ma vie.
Photo: "December flower" par moi, tout simplement (totalement libre de droit).
Par Frankenstoun
-
Publié dans : Divagations Transcendantes
0
-
Recommander
Dimanche 22 janvier 2006
7
22
/01
/2006
19:13
Des tessons de bouteilles savamment placés sur cette petite route de campagne. Dans quelques heures son forfait sera accompli, il ne sera même pas là pour voir les conséquences de ses actes. En travers de ce passage, peu fréquenté, il dispose calmement chacun de ses morceau, comme il l'a souvent fait, sur d'autres routes, sur d'autres chemins qu'il barre, maladivement.
Ce n'est presque pas de sa faute, s'il s'est laissé prendre à un jeu qu'il ne maîtrisait absolument pas. S'il ne savait pas qu'on pouvait prendre du plaisir à remodeler ces morceaux de chair détruis, démolis. Il ne pensait pas, en devenant chirurgien qu'il finirait par prendre un malin plaisir à voir arriver des corps toujours plus défigurés, pour les rendre presque parfaits, pour faire des hommes ses trophées de chasse. Et parfois ça rate, échec critique, ça ne fait rien, juste une place de plus à la morgue.
Tic tac, tic tac, dans la salle des urgences, il attend son heure. Il attend qu'enfin on amène ces blessés, ces défigurés, ces vies sur le point de se briser. Alors il sent la puissance en lui, oui, il a le pouvoir sur des anonymes, il a le pouvoir de briser puis de rebâtir des vies. Mais surtout il a le plaisir de travailler ces sculptures sur peau, de changer ce qui aurait été perdu à jamais. Ce soir on a amené une fillette de huit ans, la sienne, échec critique, la morgue est pleine.
Par Frankenstoun
-
Publié dans : Divagations Transcendantes
0
-
Recommander
Samedi 21 janvier 2006
6
21
/01
/2006
10:55
Mes paupières clignent lentement, très lentement, ce mouvement ridicule est incroyablement douloureux et long. Ma tête me semble sur le point d'exploser, mon crâne de vouloir sortir, je ne sens plus rien d'autre que ma tête, tout mon corps semble être étrangement dissocié, mon esprit s'en rend compte, mais rien n'y fait, mes mouvements sont incontrôlés. D'ailleurs je n'ai que de vagues, très vagues souvenirs de mon corps, comme si tout avait été effacé.
Je ne sais pas si je suis chez moi, je ne reconnais rien ici, ma vision est brouillée, je vois que tout est noir. 5h35 affiche mon réveil, que je parviens à distinguer dans l'ombre. Je ne sais pas ce que signifie cette heure, mais j'ai l'impression d'être tombé dans un profond coma, d'avoir disparu de la réalité pour plusieurs jours, peut-être. Tout à coup, tout se remue, tout bouge, je distingue un brin de lumière, des courts moments arrivent jusqu'à ma conscience, des petit morceaux de souvenirs, des souvenirs de cette maison.
Je suis sur le pas de la porte, lentement, très lentement, mes forces me quittent, toutes mes envies se focalisent sur cette porte, ultime épreuve qui me semble s'éloigner à mesure que je m'en rapproche. Un grincement, un petit tintement, et me voilà allongé dans un grand couloir. Je tente de lever les yeux, de regarder autour de moi, mais je ne vois rien, je n'aperçois que du noir autour de moi. Peu à peu ma vision s'habitue à l'obscurité, je parviens à voir un grand lustre qui se balance au gré des courants d'air au dessus de ma tête, le lustre pourrait sembler être balloté par le vent, affaibli par cette force silencieuse, mais il n'en est rien. Au contraire, cet amas presque désordonné semble revêtir une certaine noblesse face au vent. Et le balancement du lustre me fait perdre la tête.
Photo: "Chandelier" par gills77 (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun
-
Publié dans : Divagations Transcendantes
0
-
Recommander