Time To Leave

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Sainte Parole

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 "Sac à Cadavre"
100% Biodégradable

HAHAHAHAHA MOUHAHAHAHA

Jeudi 12 janvier 2006

En regardant cette maison, cet îlot perdu dans le temps, plongé au milieu d'une mer de béton déposé là par une main cruelle et sans scrupule, je me sentis n'être qu'une âme parmi tant d'autres, une âme qui tentait de percer le secret étrange de cette bâtisse qu'on voudrait voir à l'abandon, comme pour ce prouver qu'un tel édifice n'était qu'un vestige d'un passé broyé à coups de dynamite.


C'est en voyant ce portail, cette grille qui se devait d'être un rempart mais qui possédait une poignée, je compris que le chemin serait long, non pas dans la distance, mais dans la souffrance. En franchissant le portail, mon pied sembla s'écraser sur le sol, comme si je détruisais quelque chose. De prime abord, tout semblait normal, je regardais une dernière fois derrière moi, constatant qu'une nuée de feuilles mortes s'élevait puis retombait, dans une danse psychédélique, je constatais aussi que le soleil se mourrait, et que ses rayons illuminaient l'espace de telle sorte qu'un halo de lumière m'empêchait de m'accrocher encore au monde réel, j'entrais dans une autre dimension.

Et puis soudain ce fut le chaos, de toute part, des souvenirs évanescents s'approchaient de moi, s'accrochaient à moi comme à une amarre, me montrant leur terrifiante réalité, et de toute part ces fantômes semblaient accourir pour ensuite s'en aller. Je sentais ma tête faiblir, autour de moi les souvenirs dansaient, sautaient, comme des lumières folles. Tout mon être luttait contre l'apathie qui me guettait, je me battais, repoussant ces pensées qui n'étaient pas miennes, refoulant ces monstres qui se trompaient de cible.
Je n'étais plus cet inquisiteur arrogant qui visitait cette maison hérétique, j'étais à présent devenu une proie pour des rapaces, le loup tombé dans le piège mal dissimulé du chasseur, ce loup invincible vaincu pour son orgueil.


Photo: "Haunted House" par lanto

 


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mercredi 11 janvier 2006

Tout petit, déjà, il avait rêvé de haute mer, de grands espaces, non, d'espaces infinis. Il se voyait comme les hommes fiers et crasseux qui déchargeaient la cargaison d'un navire immense, ils extrayaient des marchandises du ventre du monstre et il rêvait un jour d'en faire pareil. Il rêvait d'uniformes salis par les mois de voyage, il rêvait d'être lui aussi une entité virile, détestable et à la fois attachant, un être craint et respecté. Il aurait voulu être comme ces hommes, lui, ce petit Caucasien.

Mais le destin s'est joué de lui, l'avenir ne sera pas glorieux, le futur ne sera pas marin.
Tout était bien parti, mais sur un navire d'hommes, il n'y a pas de place pour les Caucasiens, pas de place pour ces roublards. Alors il avait erré, avant de rentrer, de s'exiler dans son propre pays. Rêve brisé.

Le petit Caucasien finit sa vie, ou plutôt la commença, en tant que marin. Marin, mais pas comme il l'aurait souhaité, bien loin des grands hommes forts dont il rêvait, il est devenu un homme voûté, courbé devant l'adversité, il est devenu un pauvre pêcheur. Il fait partie du paysage terne de son village, la gloire dont il rêvait s'est envolée, les bâteaux rutilant aussi, car c'est une barque rouillée qui prend l'eau qu'il dirige.
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mercredi 11 janvier 2006

Parfois je me prends à rêver, d'étoiles, de soleils lointains. Pourtant je n'ai jamais eu envie d'imaginer un jour que ma médiocre vie soit un conte de fée, loin de là. J'ai de la peine à m'imaginer dans des rôles aussi grotesques, tant le monde n'est pas aussi haut en couleur que nous le disent volontiers les contes de fées.


Si les étoiles m'inspirent c'est parce qu'elles vivent dans une toute autre réalité, bien loin de l'affolement dément dans lequel s'est plongé la race humaine, les étoiles vivent et meurrent à un rythme qu'on arrive même pas à imaginer, quelque soit la supposée grandeur de notre civilisation minuscule et ridicule aux yeux de la postérité.



Malgré tout il faudra penser à me débrancher, à couper ces fils qui m'unissent à la réalité, car pour finir ils ne sont là que pour décorer. Parce que je suis seul, et que la réalité s'affronte à plusieurs. Parce que la fin du monde a déjà eu lieu et qu'il est temps d'arrêter de maintenir les pantins désarticulés que nous sommes au-dessus du vide. Parce que celà n'a plus de sens, ce texte n'a plus de sens.


"Vous savez, je ne sais même plus ce que j'écris, je ne me relis même pas, je ne me corrige pas, j'écris seulement pour écrire, pour m'entretenir avec vous un peu plus longtemps..."
Dostoïevsky


Photo: "Till D end of time" par Reynard Karman  (DeviantArt.com)


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mardi 10 janvier 2006

Océane, ô Océane...

Qui es-tu? Pourquoi ton regard dans lequel autrefois je me perdis me hante-t-il?

Océane, regarde-moi, regarde cet étranger au coeur de pierre qui tombe à tes pieds.
Regarde-moi, fais que j'existe, quelque part dans ton coeur.

Océane, je voudrais ne vivre que par toi,
Océane, je ne te connais pas.

Océane, étais-tu cette déesse qui m'envoûta de ta pureté, celle qui me fit sentir que la beauté pouvait exister,
que l'infini était dans tes yeux.

Océane, ô Océane,

N'est-ce pas un nom pour une reine?
Océane, ta couronne est dans tes yeux.

Océane, ô Océane,

Es-tu un rêve?
Océane, tu existes dans mon coeur.

Océane, ignore-moi, hais-moi, je ne suis pas digne.
Océane, tue-moi, alors je n'aurais pas vécu en vain,
Océane, fais couler mon sang, alors nous serons liés,
pour l'Eternité.

Océane, ô Océane,

Tant de mots, pour combler ton silence

Océane, ô Océane,

Es-tu cette adolescente qui me regardait,
Ou es-tu cette femme qui ne me voit plus?

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Lundi 9 janvier 2006

Chaque jour des milliers de vies se brisent, en tentant de franchir les remparts qui s'élèvent autour de nous. Car, oui, il y a bel et bien des barrières qui nous entourent, l'infini n'étant qu'un rêve qui s'en va lorsqu'on atteint les limites de la liberté.



Autour de nous, autour du maigre espace de vie qu'on nous laisse, la société a bâti des barbelés afin de enfermer. Sous prétexte de nous protéger, la société a créé tout au long de l'histoire un réseau de murailles destinées à empêcher toute tentative de s'échapper, de fuir les tentacules du monde. De toute façon, ces barbelés ne nous tuent pas, mais ils nous brisent. Il n'est pas impossible de passer à travers, mais qui peut prétendre en resortir indemne?


La fuite est-elle une solution? Y a-t-il un art de la fuite?


Ceux qui créent l'illusion de la liberté, la possibilité de s'évader, sont-ils aussi à l'abris des barbelés? Certainement pas, comme s'ils avaient mordu à leur propre ameçon, comme s'ils étaient tombés dans leur propre piège. Comme si finalement personne n'échappait à la justice, comme si on était, au fond, tous logés à la même enseigne. Parce que quitter la société, fuir son regard inquisiteur qui règle avec une précision d'horloger nos misérables vies, tout celà n'a pas de rapport avec notre vie, juste avec ce que nous sommes, et notre vie n'est pas ce que nous sommes.


Photo: "Barbed Wire" par Worst-case-scenario (DeviantArt.com)

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Dimanche 8 janvier 2006


Et si on jouait une symphonie, juste là, comme ça, si on s'amusait à balancer nos mains de gauche à droite comme si on dirigeait un orchestre qui n'existerait que dans nos rêves? Parce que j'en ai marre d'écrire des textes qui se suivent, parce que les dogmes ne me plaisent pas et parce qu'on pourrait vraiment jouer cette symphonie, mieux, on pourrait la diriger.


Et si on pouvait pour une fois se défaire de ça, que tu te défasses de toi, que je me défasse de moi, qu'on ne soit plus les pieds dans le béton à attendre que des ailes nous poussent. Parce que tu le sais très bien, aussi bien que moi, les ailes ça n'existe pas, pas pour nous, pas pour les autres. Mais qu'est-ce qu'on peut devenir? Est-ce qu'on peut exister tout seul? Je n'ai pas la réponse, et toi? Non, peut-être que tu ne l'as pas non plus, tu me l'aurais dit, ou peut-être que tu ne me dis rien?


Et si je pouvais m'en aller, et si je pouvais enfin partir. M'en aller, oublier, partir vers des horizons meilleurs. Dire Adieu en le pensant, dire au revoir en y croyant. Mais les adieux ne sont pas pour demain. Quand enfin je ne penserai plus être prisonnier du passé de mon peuple j'irais en Russie, au boût de la Russie. J'achèterai une Isba en bois et je vivrais dans le froid, jusqu'à ce que le temps pour moi vienne de m'en aller, alors j'aurais fait de ma vie mieux qu'un pécher, mieux qu'une longue honte qui se mue en plainte vers l'éternité.


Et si je changais le titre? Non, Sans Titre, parce qu'à part mettre mon nom à la place, il n'y a pas de titre possible.
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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