Time To Leave

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Sainte Parole

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 "Sac à Cadavre"
100% Biodégradable

HAHAHAHAHA MOUHAHAHAHA

Dimanche 8 janvier 2006
Comment m'est venue la fascination pour la piraterie? J'ai parfois du mal à comprendre, peut-être est-ce un jour ce livre qui m'est tombé sous la main, un beau livre d'histoire comme j'aimais en feuilleter, parce que l'histoire des Hommes m'intéressait plus que la mienne, parce que j'avais l'impression d'en apprendre sur moi-même. Dans ce livre, il y avait des images de forbans, des histoires terribles sur des crimes, du banditisme bref, ce livre me passionnait. Il était probablement incomplet, mais il m'avait fait rêver d'un avenir de pirate.


Des forbans, il y en avait dans les mers des Caraïbes, mais les marins qui n'en étaient pas savai
ent bien que les plus redoutables se trouvaient dans des îles perdues, à quelques heures du village le plus proche. Là-bas, aucun navire marchand n'avait osé s'aventurer et toutes les expéditions afin de nettoyer cet endroit maudit n'avaient plus donné de nouvelles. Les plus sceptiques imaginaient des naufrages et un cruel destin. Mais le vieux Jack, embarqué autrefois à bord d'une expédition de secours dans les terres maudites des pirates et seul survivant à ce jour d'une telle expédition avait une version fort différente.




Le vieux Jack, car c'était ainsi qu'était surnommé cet homme d'une quarantaine d'années aux cheveux blanchis par l'effroi, racontait, après avoir ingurgité suffisemment d'alcool qu'il fallait lui offrir compte tenu de sa précarité, que les nuits passées dans le navire destiné à secourir une cargaison d'étoffes (car c'était la cargaison, et non ceux qui la transportaient, qu'il convenait de sauver) étaient devenues un cauchemar à mesure que les marins se rapprochaient des îles maudites.
Jack parlait notemment de marins devenus fous après avoir observé la lune, de chiens devenus mangeurs d'hommes et de capitaines vampiriques. Tous ceux qui avaient payé à boire à Jack écoutaient avec attention, mais personne ne le croyait, en dépit des détails et des cicatrices qu'exibait fièrement le vieux marin, en dépit des papiers attestant d'un départ, sans doute cette histoire dépassait la capacité de compréhension de ces hommes simples, qui ne tarderaient pas, un jour ou l'autre, à vérifier les dires de Jack...


Photo: "Pirates" par LucidityStudios (DeviantArt.com)


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Samedi 7 janvier 2006


Soudain, alors que j'étais pris dans mes pensées, aussi abjecte soient-elles, une idée me vint, une idée qui me parut aussi cruelle qu'intéressante et attrayante, presque envoûtante. Quelque chose vint perturber cette pensée qui s'installait, ce fut l'idée que j'étais un monstre, un monstre qui se cachait mais un monstre. J'avais pensé à devenir quelqu'un d'autre. Non pas de me changer, mais bien de déboubler, voir bien plus, ma personnalité, créer des personnages fictifs et les faire vivre, les faire penser.


J'imagine volontiers que je suis fou, c'est presque une évidence à mes yeux, néanmoins, le jeu en vaut peut-être la chandelle. Je ne sais pas pourquoi, mais je le sens. Probablement que celà ne me mènera à rien de plus qu'à encore moins d'estime de moi, mais tant qu'à faire, autant forcer encore, enfoncer continuellement mon égo sous des masses d'actes détestables, haïssables. Mais je garde espoir, un jour, de voir ce qu'il en est d'être quelqu'un d'autre, de tricher avec la vie. Juste pour voir, juste pour se rendre compte, juste pour essayer.


C'est peut-être l'attrait de devenir le prédateur plutôt que l'éternelle proie qui me tente, manipuler quelqu'un en se faisant passer pour un autre, être enfin mieux que ce que je suis vraiment. Je suis pratiquement sûr de pouvoir imiter quelqu'un d'autre, pas quelqu'un de réel, non, je ne tombe pas encore aussi bas ou du moins je l'espère, mais un avatar d'une partie de la population, un personnage fictif qui serait normal, qui serait comme je le souhaite.


Peut-être que mon masque se brisera, peut-être ne suis-je tout simplement pas capable de ça, peut-être qu'aucun être humain n'en est capable, pourtant il me faut essayer, il me faut tricher avec les lois, car elles ne sont pas toujours justes.



Lux Sed Dementia


Photo: "Mask" par bonbon (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Vendredi 6 janvier 2006

C'est étrange d'écouter des chansons qui parlent de sujets morbide et d'éprouver de la joie à écouter ça. Etrange... Comme si le malheur des uns pouvait vraiment faire le bonheur des autres. Je me hais. Je me hais parce que quand j'écoute certaines chansons tristes j'en éprouve de la joie et ça me rend détestable à mes propres yeux, ça me rend immonde. Comment peut-on rire de la tristesse?


Le ciel semble vouloir exploser, fissurer cette armure de nuages qui l'empêche de percer et d'éclairer les Hommes. Les nuages résistent et tiennent bon, il n'y aura pas de soleil. Le reste ne m'appartient pas.


C'est intéressant aussi de voir que certaines chansons devraient être drôles à nos oreilles, mais pourtant on les perçoit comme tristes. On est triste à leur écoute, malgré qu'elles soient drôles. Et je me hais toujours.  Parce que s'attrister de la joie, c'est affreux, c'est horrible, ce n'est pas humain, on devrait toujours être heureux lorsqu'on entend une chanson heureuse.


Tiens, le soleil a réussi a percer, et pourtant je m'en cache. Je me ferme à cette lumière qui m'aveugle et m'empêche d'être.

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Vendredi 6 janvier 2006

Je suis né ici, et pas là-bas. Pourtant tout aurait pu basculer, tout aurait pu être différent, peut-être qu'un peu de ce malaise serait parti. Peut-être que là-bas il y aurait eu moins de choses à assumer, moins de difficultés à surmonter, mais peut-être pas. Pourquoi suis-je un descendant d'exilés? Pourquoi en suis-je un moi-même? J'ai hérité d'une tradition de mouvement, j'ai hérité des souffrances des persécutions. En même temps j'ai hérité d'une certaine sagesse, d'une histoire qui s'écrit encore, mais dans le sang.



Il ne me faudrait pas en vouloir à mes parents, mais je ne peux m'empêcher de regretter de ne pas être né là-bas. Pa
rce que l'exile est probablement un mal des plus profond, parce que ne pas se sentir chez soi, pire, se sentir gêner le monde, c'est peut-être ça qui rend si difficile cet exile. Parce que s'il s'agissait d'un exile volontaire, le malaise aurait probablement été moins profond, mais comme mon peuple va de persécution en persécution, on ne peut pas parler d'exile volontaire.





Là-bas, je me suis senti chez moi, comme si j'étais entouré de gens qui me ressemblaient, qui avaient la même histoire. Je me suis senti parmis les miens, pour la première fois. La vie est peut-être dure, là-bas, mais je me sentais comme invincible, comme si on ne pouvait pas me reprocher d'être venu sur la terre de mes ancêtres. C'est finalement assez paradoxale de se sentir exister dans un pays que tous ses voisins contestent, mais pour moi, je n'ai pas l'impression que celà diffère de mon quotidien. Parce qu'ici, on conteste aussi ma présence mais je suis presque seul face à l'adversité, là-bas nous sommes des millions à avoir connu l'exile.


Photo: "Exile" par DawnFire84 (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Jeudi 5 janvier 2006

Tiens, je me balade sur le net au gré des inepties des internautes, au gré des commentaires bidons sur des articles qui le sont tout autant, bref, je gambade, je sautille, je m'éclate sur des articles qui me font plaisir (mais souvent pas) à lire parce que je me dis que c'est pas forcément donné à tout le monde de savoir quoi écrire. Je ne parle pas de moi, me considérant comme frère de tous les cons (par analogie de comportement), mais j'ai parfois le discernement, l'éclaire de lumière qui me dit (parce que les éclaires parlent, si si) "supprime ton blog bouffon", mais heureusement, il se trouve que les expression comme "sale bouffon" me font presque sourire, donc j'écoute jamais les conseils avisés du moi qui est conscient de son manque de discernement.


Bref, je me ballade ça et là (tralala, et ils vécurent heureux jusqu'à ce qu'ils divorcent et qu'ils se battent pour la garde des enfants, ah non? bon) et j'en vois des vertes et des pas mûres.


Je me disais qu'on ne trouvait de la merde partout mais je n'étais pas vraiment au boût de mes surprises. Par exemple des blogs avec du rien de dans, enfin, des skyblogs façon over-blog quoi. Des blogs avec des gens qui veulent que Bruxelle et une partie de la Belgique soit rattachée à la France, des blogs avec des posts qui ressemblent à google - recherche - copier - coller - poster. Finalement je me dis que les blogs c'est un peu comme les gens, y en a pas beaucoup des intéressants. Ou alors ils se cachent bien...


Non, cet article ne sert à rien, mais je le dédie quand même à tous les skybloggers qui ont, au moins, le mérite de me faire rire.

Par Frankenstoun - Publié dans : Tirs de Roquettes (Involontaires)
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Jeudi 5 janvier 2006

De l'eau, fraîche comme la brise, sur nos visages. Assis au beau milieu de ce paradis nocturne, nous contemplions les gens, le monde à nos pieds. Et nous agitions cette eaux qui nous glaçait mais dont nous ne pouvions pas nous passer. Nous n'étions plus dans le temps, perdus dans un îlot égaré, mais finalement peu nous en importait, nous étions heureux, tu étais heureuse, j'étais heureux.


Nous avions de l'eau sur nos visages, nous en jetions comme on dispenserait du bonheur autour de soi, nous dépensions cette eau sans compter, car nous la croyions éternelle. Tout riait, le monde riait, les gens riaient. Peut-être que, en réalité, personne ne riait vraiment, peut-être étions-nous seuls, mais nous étions heureux. Nos visages illuminés par les reflets de l'eau riaient; ce n'est pas seulement un sourire, non, c'était un vrai rire. Un rire qui illumine tout le visage, et pas seulement la bouche, les yeux, surtout ses yeux, les joues, surtout ses joues, le front, surtout son front.



En réalité, nous fabriquions ensemble une illusion, un rêve qui par sa force nous ferait imaginer qu'il serait réel. Et nous parvenions à y croire. Du haut de notre perchoir, nous ne nous rendions pas compte que le souvenir de ces instants rêvés serait une torture pour nos esprits, que ce rêve deviendrait une plaie s'ouvrant au gré des souvenirs qui remontent à la surface avant de retomber dans les abysses de l'oubli.


Je me rappellerais de l'eau sur ton visage,
Je me rappellerais de l'eau sur mon visage,
De cette eau qui n'atteignit jamais le rivage,
De ces instants de bonheur qui furent volages,
De ce rêve qui achèvera notre clivage


Photo: "Laughter Behind The Veil" par SubterfugeMalaises (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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