Time To Leave

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Sainte Parole

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 "Sac à Cadavre"
100% Biodégradable

HAHAHAHAHA MOUHAHAHAHA

Jeudi 29 décembre 2005

C'est étrange, de déambuler autour du Lac en hiver, de marcher autout de cette étendue immense, de ne croiser personne et de se sentir privilégié, de s'imaginer être seul avec le Lac et sa majestueuse puissance. Il est étonnant de voir que tout est paisible, malgré que le Ciel semble se déchirer, se battre avec lui-même, malgré que les flots soient parfois tumultueux, on a l'impression que tout se repose, comme si, une fois que les Hommes étaient partis, la Nature pouvait enfin souffler.



Les Hommes, l'Hiver venu, se replient dans des cocons de lumière artificielle, ils se terrent loin des flancs du Lac, ils se cachent de sa vue. Manquant de lumière, manquant de Soleil, ils essaient de recréer un semblant de jour, un semblant d'éclairage pour que leurs vies ne soient pas complètement déroutées par l'Hiver et l'ombre qu'il étend. Les Hommes savent, ils savent qu'une fois le Froid et la Nuit venus, ils ne peuvent plus se pavaner sur les bords du Lac, ils ne peuvent plus aborder ni avoir la sensation de dominer les eaux, alors ils se cachent sur la terre qu'ils croient mieux connaître. Ils se regroupent et ils allument des faux Soleils, comme pour défier les lois du vrai.



Le seul bâteau qu'il m'ait été donné de voir en ce jour d'horizons brumeux, le seul qui ait osé s'aventurer sur le Lac impétueux et imprévisible tel qu'il sait l'être en hiver, ce bâteau ressemblait aux Hommes. En été si démonstratif, si vantard et arrogant, aujourd'hui, dans le Froid, si discret et fragile. Il semblait lui aussi se replier vers une fausse lumière, vers un jour artificiel. Mais, chose étrange, il arborait en sa proue de multiples lumières, comme pour tromper le Lac, comme pour lui faire croire à un été qui serait de retour. Ainsi, le bâteau espérait créer l'illusion de l'été, pour pouvoir passer au travers des vagues et des remous.





Photo: Régis Colombo (Diapo.ch)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mercredi 28 décembre 2005

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mardi 27 décembre 2005

Papa, tu sais, j'aurais aimé... J'aurais vraiment aimé te connaître mieux. Nous n'avons jamais été très proche, nous n'avons jamais communiqué, jamais eu de vrais contacts. Papa, j'aurais aimé pouvoir te donner un surnom, pouvoir faire comme tous les autres enfants et te sauter dans les bras quand tu venais me chercher. Mais non, je ne t'ai jamais donné de surnom, je ne t'ai jamais sauté dans les bras, et je réalise seulement maintenant que je n'ai pas eu beaucoup d'admiration pour toi.



Papa, pourquoi tu n'es pas comme les autres papa? Pourquoi est-ce que tu n'es pas l'image du protecteur? Pourquoi ne m'as-tu jamais donné le sentiment de protection? Papa, pourquoi est-ce qu'on ne se parle pas? Pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas? Pourquoi est-ce que tu m'écoutes sans m'écouter quand je te demande qui tu es? Papa, qui es-tu? Papa, retourne-toi, papa, regarde-moi, regarde comme je sais, comme maintenant je peux discuter de ta vie avec toi, papa.



Pourquoi on est pas comme des gens normaux? Pourquoi il y avait ces barrières, pourquoi il y a ces gens autour et pourquoi tu n'y crois pas? Nous aurions pu être comme eux, nous aurions pu nous entendre, mais il y a cette barrière, ces deux mots qui font que tu n'y crois pas. Papa, j'ai essayé, tu ne m'as jamais écouté, tu ne m'écoutes jamais. Papa, je suis ton fils, papa, j'en suis fier.





Photo: "The Things I've Seen" par Gilad (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Lundi 26 décembre 2005

Tout va bien, le ciel continue de me regarder, le soleil poursuit sa course, l'Homme réfléchit toujours aussi mal. Yolande, quel nom idiot, pour une princesse. Marc, quel nom de banale pour un roi. C'est vrai, appeler sa fille Yolande, c'est pas génial, mais en plus si elle doit être une princesse... Non, une princesse ça doit s'appeler Océane, ou alors ça ne doit pas s'appeler, un point c'est tout. Océane, c'est... c'est presque trop beau pour quelqu'un, comme nom, c'est presque trop... trop parfait. Océane, c'est un nom qui fait rêver, on pense à une princesse des Océans, à une reine qui vous éboulit quand vous la regardez. Ma fille s'appellera Océane, et elle naîtra près de la Mer, c'est tout.



Parce qu'au fond, j'aimerais pas m'appeler comme ça, avoir ce nom suspendu à mon cou, à traîner ça toute la journée. Oui j'en suis quand même fier, mais non, peut-être pas. Tout ça me rend fou, complètement fou, je suis pris entre la fièreté et la peur. Oui, la peur, parce que depuis que je sais ce que c'est que d'avoir le crâne rasé et le bras droit levé j'ai peur. Parce qu'une fois mes parents se sont dits, et, malheureux, j'ai entendu, ils ont dit que les barrières devant ce qui symbolisait la présence de mon peuple ici ne servaient à rien, que si on voulait faire du mal on ferait du mal. Alors j'ai compris, oui, je crois que j'ai réalisé qu'aucune porte ne pourrait me protéger, qu'aucun verrou ne me mettrait à l'abri, et j'en suis encore terrifié. Mes parents ont peut-être des raisons de penser ça, ils savent ce que c'est, même si ils n'en parlent jamais, mais moi je ne savais pas. Et maintenant je sais.


Je tremble souvent, pour un rien. Une rotation de trop, une tournure qui part mal, un mot qui dépasse la pensée et c'en est fini. Mon corps est secoué de spasmes, il fait soudain froid. Crispation. Angoisse. Et puis tout redevient normal. Malgré tout, ça recommence, sueurs froides, encore. Le pouvoir étrange des mots, de simples nuances qui font passer de la joie aux larmes, étrange, oui, c'est très étrange, comment on peut voir des mots qui ont été choisis en moins d'une seconde comme savamment pesés, remués, contre-balancés. On s'imagine facilement que l'autre, lui, cet autre qu'on idéalise, lui il cherche ses mots, il en connaît tous les sens et il les utilise en conséquence. L'autre ne se trompe jamais.

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Dimanche 25 décembre 2005

Nous étions tous attablés, rassemblés autour d'un thème qui n'existait pas, nous étions là, sans savoir dans quel but mais au fond de nous, nous savions que nous étions ici pour quelque chose. Nous ne nommions pas cette chose, car personne n'oserait pronnoncer ça ici, mais au fond, nous savions tout ce que nous faisions ici, même si personne n'était sûr que le voisin pensât la même chose.



Les discussion allaient bon train, et je commençais à trouver ceci d'un ennui fou. Tout était parfaitement en ordre, tout était bien, ordré, normal. Soudain, quelque chose commença à naître, je ne savais pas quoi, je ne savais pas comment, mais quelque chose surgissait soudain, un fantôme se matérialisait peu à peu, il se cristalisait juste derrière moi. Un Chant. Ce mot m'apparu d'abord comme faux, ce n'était pas un chant, ce n'était pas que ça, pourtant peu à peu il s'imposa. Derrière moi, un chant naissait.



Je me retournais, je cherchais l'origine de cette étrange chose qui naissait, qui se soulevait soudain du néant, et qui m'entraînait avec elle vers des horizons que je n'entrevoyais pas encore. C'était un chant presque inaudible, il fallait tendre l'oreille si on ne se trouvait pas dans la proximité immédiate, mais le jeu en vallait la chandelle. Ce chant était d'une beauté pure, intense, il semblait s'accorder avec tout ce qu'il touchait, il devenait cendre puis diamant, il rayonnait et s'intensifiait puis semblait repartir. C'était une voix d'enfant, une voix qui vient de loin, une voix qui sortait d'un corps de femme mais qui pourtant n'avait rien d'une femme, plutôt d'une petite fille.



Ce chant m'avait retourné, déboussolé, mais il m'avait rappelé l'enfant qui sommeille en chacun de nous.





Photo: "Infinite" (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Samedi 24 décembre 2005

Aujourd'hui, on fête les 2005 ans de Mister Jesus, le playboy qui a su faire d'un instrument de torture un objet de mode. On trouve des croix roses, bleues, avec des vrais faux diamants et même des croix en or, pour mieux afficher qu'on fait dans le luxe. Là où je coince, c'est que je moi je me mets un fouet en or autour du cou on le prendra beaucoup moins bien, même chose avec des menottes et autres accessoires de nos amis les fetish. C'est étrange, à croire qu'une croix grâce à laquelle on pourrissait toute la journée sous le soleil de Judée (ça rime, p'tain je suis trop fort moi) est devenue super tendance.


Sinon il parait aussi que c'est la coutume de se souhaiter joyeux Noël, je vais de ce pas faire exactement le contraire en rappelant qu'il fera sans doute très froid cette nuit et qu'il y aura encore des SDF qui crèveront une indifférence qui sent la dinde et les cadeaux. Eh non, je ne fais pas partie des gens qui ont un amour fou pour l'exotisme et qui se sentent concernés par le Tsunami mais pas vraiment par le Quart-Monde.



Tiens, bon plan, il y a aussi les no-life comme vous et moi (que faites-vous devant votre pc le soir de Noël?) pour qui Dieu en personne a inventé le bot. Le bot? Probablement une abréviation de robot, le bot se trouve sur les t'chat et c'est une machine qui exécute des commandes simples (bannir, répondre de manière automatique, bannir, dire bonjour, bannir, kicker, bannir, kicker, bannir). Parmis les bots les plus marrants, on peut citer le Capitaine de chez Caramail, insultable et toujours très drôle. Moins connu, Encarta Instant Answers est la découverte du siècle pour le sans-amis que je suis (ouais je fais plein de rimes là). Oui, une encyclopédie ajoutable dans vos contacts msn (encarta@conversagent.com), une encyclopédie que vous pourrez insulter (en anglais). Parmis les phrases recommandées, Am I God? fera office de très bonne question.


Joyeux Noël, bande de larves.
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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