Vendredi 23 décembre 2005
Le soleil se lève, les premiers badauds marchent en silence, rapidement, à côté de son corps tremblotant. Chacun ici à un but, ils ont tous un but, un Graal à pourchasser, quelque chose qui leur permet de se mouvoir, quelque chose qui les fait se lever le matin. Ils sont tous en quète d'un but, en quête de bonheur. Mais celui qui n'a plus de but, celui qui a tout perdu, a-t-il encore droit au bonheur? Peut-il encore prétendre faire partie de la masse des gens? Forcé de se lever pour échapper aux contrôles, aux lois de ce monde qui l'a pourtant exclu. Il se demande si quelqu'un viendra un jour, s'aventurer sur ce chemin jonché de seringues, pour l'aider, mais il sait que personne ne viendra. Il n'est qu'une ombre qui grelotte dans le froid du matin hivernal.
Gamin, sa vie allait bien, situation stable, parents présents, mais pourtant, les drames de la vie ne l'ont pas épargné. Aujourd'hui il est un habitué au bois grinçant des bancs publics. Il s'est levé un matin, il a pris le train et maintenant il est loin, il a perdu le goût des choses, il a perdu le goût des gens. Il est devenu ce vieillard de seize ans, cet enfant désespéré. Il est comme ceux qui sont devenus aveugles, il sait comment est une vie tranquille, mais à présent il l'a perdue. Des amis, il en a, mais ils sont comme lui. Personne pour l'aider, personne pour le sauver, dans la tourmente des interrogatoires, dans la brume des cellules, il sait qu'il est seul.
Il y a pourtant ce soleil, cette lumière aveuglante qui lui brûle les yeux chaque matin. Cette lumière qui réchauffe, cette lumière qui lui dit de se lever et de marcher. Peut-être qu'un étranger passera un jour par le chemin aux seringues, qui sait? Mais aucun étranger n'est venu, il n'a pas encore vu la porte de sortie, il lui reste bien son coûteau mais...
Par Frankenstoun
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Mercredi 21 décembre 2005
Bloc-note, oui, c'est un bloc-note, comme son nom l'indique. Ici, je note.
Bon, tout d'abord je voudrais signaler que non, Skyblog n'est pas la seule plateforme à proposer du blog, qu'un blog ce n'est pas qu'une suite de conneries qui se perd dans des âbimes très peu éthiques (moi aussi je sais aligner des mots sortis du Petit Robert, et je le prouve) avec, notemment, des copier-coller très peu respectueux de, pour ne citer que le plus repris, Shakespear qui se voit souvent affubler de noms étranges "Missdu93", "Darklover" et j'en passe et des meilleurs. Bref, ne prenez pas ça pour des généralités, parce que des blogs utiles, sympas, drôles il y en a. Bon il y a aussi du terriblement nul, et en quantité (journal vampirique, récit de la vie d'une mamie, collocataires qui exposent leur vie de merde,...).
Que me reste-t-il à noter? Peut-être les terrifiants ravages du maquillage (je sais aussi faire des rimes pas drôles, hop). Il doit sûrement être prouvé que se tartiner la face avec des produits ô combien naturels fait partie des étapes de l'adolescence, mais quand même, il y a des limites. Voilà, ceci est inutile, ceci est futile mais j'avais envie de pousser mon coup de gueule devant cette débauche d'effets spéciaux. En fait, c'est comme pour les films, on en rajoute toujours, mais à la fin, trop d'effets spéciaux et des acteurs minables fabriquent un bon navet.
Ensuite, il me reste peut-être ce petit "point de détail", le premier parlement (presque) démocratique en Afghanistan. Dans ce pays détruit par les guerres et le trafic de drogue, c'est un bon pas. Il est à noter que les femmes sont représentées (68 sur un total de 351), ce qui, dans un pays où jusqu'à 2002 elles devaient porter une armature anti-voyeur, est un progrès énorme. Il reste par contre le côté "tous-les-élus-ou-presque-sont-des-brigands" à régler, point de détail, disais-je, mais problème de taille.
Pour terminer, il me faut constater. Oui, je constate que les petits rigolos du Vatican, cette machine à spiritualiser est devenue complètement... fidèle à elle-même. A force, on risquerait de ne plus s'étonner, mais quand même, ils ont frappé. L'Eglise a décidé de conquérir la Chine, oui, conquérir. Là on pourrait penser que c'est une blague, que Dassault est devenu Vatican pour un instant, mais non, même pas, la Chine, c'est le marché de l'avenir. Pensez, une masse d'athées (big up à Mao) prête à recevoir la sainte parole de la non moins sainte Eglise. Où est l'humanité de ces gens? Où est la spiritualité dans le fait de considérer un milliard de Chinois (et moi et moi et moi) comme des clients à qui il faut vendre un morceau de croix? Mais d'un côté, mieux vaut l'Eglise plutôt que la tentation de l'Islam radical.
Ceci N'Est Pas Un Exercice
Par Frankenstoun
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Mercredi 21 décembre 2005
Poupée de cire, poupée de cire, auparavant si fière sur sur son lit, elle avait grandi là, à l'ombre de la bienveillance, à la lumière de l'attention qu'on lui portait. Dans un monde où plus rien ne tenait droit, ses deux pieds étaient un repère, car ils étaient toujours posés sur le sol, et jamais ils ne flanchaient.
Poupée de cire, poupée de cire, à présent elle flanche, on la bouscule on la malmène, elle fait ses premières expériences et elle sort de sa bulle. Dehors il fait éternellement mauvais, la rue ne l'attire pas, et les gens continuent à la brusquer. Le temps lui manque, ce monde va trop vite, elle ne comprend pas. Le monde ne tient plus droit, même la poupée commence à tanguer, les repères ne sont plus sûrs.
Poupée de cire, poupée de cire, maintenant c'est des coups qu'elle reçoit, autant de blessures qui ne sont prévenues par aucun verrou. Le monde n'est plus rien, il ne tourne pas dans le bon sens, et la poupée de cire commence à la sentir. Son enveloppe se fait moins confortable, il lui faudrait s'envoler, mais on ne peut pas défier ainsi les lois du monde.
Poupée de cire, poupée de cire, tu as grandi.
Par Frankenstoun
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