Time To Leave

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Sainte Parole

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 "Sac à Cadavre"
100% Biodégradable

HAHAHAHAHA MOUHAHAHAHA

Samedi 24 décembre 2005

"La lune blafarde projetait une lumière lugubre sur l'étroit couloir parsemé de tableaux étranges, d'armes et de têtes d'animaux qui, me semblait-il, venaient d'une autre planète. J'avançais sur un sol qui craquait comme du bois ancien mais qui avait l'apparence d'une vitre, je ne voyais rien de ce qu'il y avait en bas, peut-être n'y avait-il même rien en-dessous de cet espace hors du temps. Soudain, je remarquais la présence d'une horloge, une énorme horloge qui ne s'accordait pas avec le temps, elle allait de plus en plus vite, rendant minuit de plus en plus proche, de plus en plus menaçante.


Lorsque l'échéance arriva, tout se mit à trembler, l'horloge s'arrêta, palpita comme un coeur qui va lâcher, sembla sangloter un instant et puis plus rien.  Je ne sentais plus mon corps, je n'étais devenu qu'un esprit, un esprit qui planait vers cette horloge à l'arrêt, vers ce coeur encore chaud qui venait de cesser de battre. "Elle est morte". Ces paroles surgirent de nulle part et à la fois de partout, j'étais entouré par cette voix cauchemardesque, par cette présence envoûtante et terrifiante. Mon esprit se diluait dans ces cris. "Elle est morte", chaque syllabe broyait mes oreilles, noyait mes pensées dans un flot, dans un torrent que je ne pouvais freiner. Et puis tout s'arrêta."


Je n'ai pas compris ce rêve durant environ une journée. Morte? Non, elle était encore là, enfin, il me semblait. C'était un mauvais présentiment, j'en avais eu plusieurs comme celui-là, mais jamais aussi précis. C'est après que j'ai compris, que j'ai réalisé qu'elle n'était pas morte pour tout le monde mais uniquement pour moi. Cette fois, elle était passée dans les tréfonds de ma mémoire, elle s'était enfin accrochée au filet des souvenirs, elle n'était pas passée entre les gouttes de l'oubli. Pourtant, j'étais accroché à ce rêve, mais voilà, ça devait être la fin. Elle était morte, morte pour moi.

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Vendredi 23 décembre 2005



Le soleil se lève, les premiers badauds marchent en silence, rapidement, à côté de son corps tremblotant. Chacun ici à un but, ils ont tous un but, un Graal à pourchasser, quelque chose qui leur permet de se mouvoir, quelque chose qui les fait se lever le matin. Ils sont tous en quète d'un but, en quête de bonheur. Mais celui qui n'a plus de but, celui qui a tout perdu, a-t-il encore droit au bonheur? Peut-il encore prétendre faire partie de la masse des gens? Forcé de se lever pour échapper aux contrôles, aux lois de ce monde qui l'a pourtant exclu. Il se demande si quelqu'un viendra un jour, s'aventurer sur ce chemin jonché de seringues, pour l'aider, mais il sait que personne ne viendra. Il n'est qu'une ombre qui grelotte dans le froid du matin hivernal.


Gamin, sa vie allait bien, situation stable, parents présents, mais pourtant, les drames de la vie ne l'ont pas épargné. Aujourd'hui il est un habitué au bois grinçant des bancs publics. Il s'est levé un matin, il a pris le train et maintenant il est loin, il a perdu le goût des choses, il a perdu le goût des gens. Il est devenu ce vieillard de seize ans, cet enfant désespéré. Il est comme ceux qui sont devenus aveugles, il sait comment est une vie tranquille, mais à présent il l'a perdue. Des amis, il en a, mais ils sont comme lui. Personne pour l'aider, personne pour le sauver, dans la tourmente des interrogatoires, dans la brume des cellules, il sait qu'il est seul.



Il y a pourtant ce soleil, cette lumière aveuglante qui lui brûle les yeux chaque matin. Cette lumière qui réchauffe, cette lumière qui lui dit de se lever et de marcher. Peut-être qu'un étranger passera un jour par le chemin aux seringues, qui sait? Mais aucun étranger n'est venu, il n'a pas encore vu la porte de sortie, il lui reste bien son coûteau mais...

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Jeudi 22 décembre 2005



Le vent l'étourdi, l'ébouriffe, il fait froid. La nuit prend chaque jour quelques minutes de soleil, et l'Arbre voit ses feuilles devenir ombres. Il se penche de plus en plus, il se courbe avec douleur quand les bourrasques le font frémir. Il est imposant, mais à la fois très frèle, très vulnérable. Il espère qu'enfin l'hiver finira, et qu'il reprendra ses couleurs d'antan à l'approche du printemps, mais il sait que celà ne durera pas, et que le printemps sera aussi court que les bourgeons qu'il entraîne avec son éphèmere passage.



L'Arbre a une âme, car il ne s'agit pas de n'importe quel arbre, il est le centre d'un petit village endormi depuis des années, un village où ne vivent plus d'enfants mais seulement des vieillards en fin de route qui sombrent lentement comme un navire qui aurait touché la terre en pleine mer. Ici, le mal s'appelle La Ville. Ce fléau, ce rêve commun entretenu de tous a été la perte de cet endroit amarré à une colline mais accroché à un rêve fou. Maintenant tout est calme, on se demande juste, ici, quand est-ce que tout celà tombera en ruine, quand il ne restera plus rien de ces maisons. Certains croient encore au retour des autres, mais ils savent au plus profond d'eux-mêmes, et l'Abre le sait aussi, La Ville est un animal qui avale sans jamais rendre.



Il se demande aussi, ce grand arbre ridé, quand est-ce que ça finira, quand est-ce que lui aussi on cessera de le regarder. Pourtant il reste là, enraciné, il touche la terre, et au plus profond de son âme, il sait qu'il lui appartient, et qu'il en sera ainsi quel que soit le destin des hommes.
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mercredi 21 décembre 2005

Bloc-note, oui, c'est un bloc-note, comme son nom l'indique. Ici, je note.


Bon, tout d'abord je voudrais signaler que non, Skyblog n'est pas la seule plateforme à proposer du blog, qu'un blog ce n'est pas qu'une suite de conneries qui se perd dans des âbimes très peu éthiques (moi aussi je sais aligner des mots sortis du Petit Robert, et je le prouve) avec, notemment, des copier-coller très peu respectueux de, pour ne citer que le plus repris, Shakespear qui se voit souvent affubler de noms étranges "Missdu93", "Darklover" et j'en passe et des meilleurs. Bref, ne prenez pas ça pour des généralités, parce que des blogs utiles, sympas, drôles il y en a. Bon il y a aussi du terriblement nul, et en quantité (journal vampirique, récit de la vie d'une mamie, collocataires qui exposent leur vie de merde,...).


Que me reste-t-il à noter? Peut-être les terrifiants ravages du maquillage (je sais aussi faire des rimes pas drôles, hop). Il doit sûrement être prouvé que se tartiner la face avec des produits ô combien naturels fait partie des étapes de l'adolescence, mais quand même, il y a des limites. Voilà, ceci est inutile, ceci est futile mais j'avais envie de pousser mon coup de gueule devant cette débauche d'effets spéciaux. En fait, c'est comme pour les films, on en rajoute toujours, mais à la fin, trop d'effets spéciaux et des acteurs minables fabriquent un bon navet.


Ensuite, il me reste peut-être ce petit "point de détail", le premier parlement (presque) démocratique en Afghanistan. Dans ce pays détruit par les guerres et le trafic de drogue, c'est un bon pas. Il est à noter que les femmes sont représentées (68 sur un total de 351), ce qui, dans un pays où jusqu'à 2002 elles devaient porter une armature anti-voyeur, est un progrès énorme. Il reste par contre le côté "tous-les-élus-ou-presque-sont-des-brigands" à régler, point de détail, disais-je, mais problème de taille.


Pour terminer, il me faut constater. Oui, je constate que les petits rigolos du Vatican, cette machine à spiritualiser est devenue complètement... fidèle à elle-même. A force, on risquerait de ne plus s'étonner, mais quand même, ils ont frappé. L'Eglise a décidé de conquérir la Chine, oui, conquérir. Là on pourrait penser que c'est une blague, que Dassault est devenu Vatican pour un instant, mais non, même pas, la Chine, c'est le marché de l'avenir. Pensez, une masse d'athées (big up à Mao) prête à recevoir la sainte parole de la non moins sainte Eglise. Où est l'humanité de ces gens? Où est la spiritualité dans le fait de considérer un milliard de Chinois (et moi et moi et moi) comme des clients à qui il faut vendre un morceau de croix? Mais d'un côté, mieux vaut l'Eglise plutôt que la tentation de l'Islam radical.



Ceci N'Est Pas Un Exercice

Par Frankenstoun - Publié dans : Politique
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Mercredi 21 décembre 2005



Poupée de cire, poupée de cire, auparavant si fière sur sur son lit, elle avait grandi là, à l'ombre de la bienveillance, à la lumière de l'attention qu'on lui portait. Dans un monde où plus rien ne tenait droit, ses deux pieds étaient un repère, car ils étaient toujours posés sur le sol, et jamais ils ne flanchaient.



Poupée de cire, poupée de cire, à présent elle flanche, on la bouscule on la malmène, elle fait ses premières expériences et elle sort de sa bulle. Dehors il fait éternellement mauvais, la rue ne l'attire pas, et les gens continuent à la brusquer. Le temps lui manque, ce monde va trop vite, elle ne comprend pas. Le monde ne tient plus droit, même la poupée commence à tanguer, les repères ne sont plus sûrs.


Poupée de cire, poupée de cire, maintenant c'est des coups qu'elle reçoit, autant de blessures qui ne sont prévenues par aucun verrou. Le monde n'est plus rien, il ne tourne pas dans le bon sens, et la poupée de cire commence à la sentir. Son enveloppe se fait moins confortable, il lui faudrait s'envoler, mais on ne peut pas défier ainsi les lois du monde.


Poupée de cire, poupée de cire, tu as grandi.


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mardi 20 décembre 2005


Nous sortions à peine de cet endroit, cet endroit si spécial où parfois, je me sens chez moi, cet endroit qui me permet de m'exprimer, de ne plus me mettre de barrières. Là-bas, il y a des senteurs étranges, des pigments, des crayons et des pots de peintures qui dégagent une odeur de création. C'est probablement stupide de dire que quelque chose "sent" la création, il n'empêche que.
..


C'est en sortant de là, en retournant à la réalité, en sortant de cet espace, de ce cocon, que l'épée tomba. Tout d'un coup, des mots pesés, réfléchis et dits avec une légerté extraordinaire s'abattaient sur moi: "Tu as un complexe?". C'était tout d'un coup comme si la Terre se retournait, comme si cette phrase anodine avait soudain fait s'écrouler le château de carte de mon monde. Tout d'un coup j'étais enfermé, enfermé par cette idée d'un complexe, je ne comprenais pas, d'abord, quel piège c'était, croyant juste à un mauvais coup, un coup pris de travers, et pourtant.


Des barreaux m'empêchaient soudain de sortir, quel complexe? Je parvenais à m'extirper de la conversation, en tranchant nette toute tentative de me faire avouer, je n'avais pas de complexe. Malgré celà, je restais persuadé à présent d'avoir un complexe, mais lequel? Un complexe d'exile, probalement. Un complexe de racines. Jamais je n'aurais pensé que cette personne ait pu me marquer ainsi.


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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