Time To Leave

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Sainte Parole

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 "Sac à Cadavre"
100% Biodégradable

HAHAHAHAHA MOUHAHAHAHA

Lundi 19 décembre 2005


La grande salle est bruyante, entre ces murs neufs et ce toit qui semble s'éloigner vers l'infini du ciel, tous sont là. Les discussions vont bon train, les amis se retrouvent dans cet endroit solennel dans un vacarme paisible. Ils sont venus le voir une dernière fois, lui qui s’en va. Au début je n’y croyais pas, je ne pensais pas qu’il partait vers notre rêve à tous, vers ce qui nous permet de nous dire que nous ne sommes plus des parias et que nous sommes ici par choix, mais maintenant je sais qu’il part, parce que je suis ici pour lui dire au revoir, même si je sais que je ne le verrais probablement plus jamais.


C’est étrange, de se dire que celui qui vous a mené à être considéré comme un « homme » par tous ces gens autour de vous va partir, qu’il ne va plus être là. Je n’ai pas prêté attention au moment où ils m’ont considéré comme un homme, j’étais sans doute trop jeune, mais à présent je me rends compte que c’était une étape, même si sur le moment elle ne signifiait pas beaucoup de choses pour moi. Cet homme qui part, je ne l’ai pas beaucoup connu, enfin, trop peu. Il avait ses idées, j’avais les miennes, mais pourtant je sentais qu’il était important, que pour tous ces gens réunis, il était quelqu’un. Et j’avais du respect pour lui.


Apprendre qu’il allait partir fut un choc, je ne m’imaginais pas que d’ici, il y ait eu une sorte de porte de sortie vers là-bas, vers notre Terre. Je pensais que seuls les autres pouvaient le faire, qu’il fallait être une sorte de surhomme. Pourtant quelqu’un de notre communauté allait partir, quelqu’un de tout proche. Tout d’un coup tout semblait réel, le voyage qu’il allait entreprendre, la maison qu’il allait habiter, la vie qu’il allait mener, et, pour moi, tout se concrétisait, c’était donc possible. Moi aussi, un jour, j’irais.






Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Dimanche 18 décembre 2005

Un sifflement, puis le calme. Tout redevient paisible dans ce coin de paradis, tout meurt à nouveau dans la quiétude de l'automne sans fin, ce sifflement n'était qu'une légère ombre, une ombre qui jour après jour grignotte la tranquillité de l'Arizona, mais une ombre lente, qui peut à peu instaure le doute. Des chuchottements, des sifflements, et le calme. L'ombre porte un nom, mais elle le dissimule encore sous les cris des enfants. Des revolvers sortent de leur étuis, pourtant personne ne se montre, juste ces chuchottements, ces sifflements et bientôt ces cris étouffés.


Il faut agir, il faut que celà cesse, que la terreur cesse dans cette vallée enfermée. Il faut arrêter la mort, il faut arrêter cette ombre. Des histoires enfouies dans les âmes des anciens surgissent soudain, comme autant de présages d'un avenir sombre, des histoires qui glacent le sang des enfants et qui font sourir les adultes. Mais depuis quelques temps, on écoute avec attention les vieilles légendes de celui qu'on appelle l'Apache, il prétend comprendre les esprits, celui qu'on regardait avec mépris est devenu à son insu le centre d'un monde enfermé par la vallée. Et toujours il conte la même histoire, celle d'esprits tourmentés qui marcheraient vers le village, vers le centre du monde.


Un sifflement, un chuchottement, des cris dans la nuit. L'ombre grandit, la vie est pourtant normale, mais quelque chose cloche, une erreur, il y a une erreur dans ce paysage. Tout semble aller de travers et pourtant tout va bien, le soleil se lève toujours à l'est, les vieux rient et les jeunes meurrent. Un jour le crâne se réveillera.





Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Samedi 17 décembre 2005

Elle virevolte, descend, remonte, destin
Son regard se perd à présent dans le lointain
Malgré que parfois elle sente en elle que c'est la fin,
Elle continuera jusqu'à en mourir de faim.


Elle virevolte, descend, remonte, s'en va
Bientôt elle se dit que très loin elle s'en ira
Où, elle ne sait pas, mais elle sait qu'elle partira
Même si probablement on la retiendra.


Elle virevolte, descend, remonte, elle danse
Et peut-être que tout celà n'a pas de sens,
Probablement que ce n'est parfois qu'une transe,
Mais au moins elle peut ici rompre le silence.


Elle virevolte, descend, remonte, fini
C'était surement un rêve qui est parti,
Une histoire qui n'aura pas duré une vie,
Qui, dans les larmes, a fini son agonie.


Elle virevolte, descend, remonte, ainsi.




A A.
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Vendredi 16 décembre 2005


A F. qui fut un ami d'enfance,
A mon ami Laurent,
A I. qui joue à m'en rendre fou
Je vous souhaite meilleure carrière
Qu'à mon pianiste...








Des pas résonnent dans le grand hall, des pas qui claquent sur le sol avec régularité, les premiers arrivants sont là, et leur bruyante arrivée dans la quiétude du soir sonne le glas d'une tranquillité oppressante. Pourtant, il est déjà là, à attendre dans sa loge que le temps s'enfuie, à espérer que cette fois la salle soit remplie. Il regarde par la fenêtre de sa loge, de fines gouttes de pluie tombent en choeur, la lune est voilée par d'épais nuages, autant de barrières qui se dressent, autant d'obstacle qui l'arrêtent.


Le temps semble se déchirer, s'étirer incompréhensiblement jusqu'à ce que les secondes deviennent des heures, jusqu'à ce qu'on puisse compter sur les doigts d'une main les battements du coeur. Immobile sur sa chaise grinçante, il attend son jugement, son procès, lorsqu'il sera dans la fosse. Maintenant, les bruits de pas tambourrinent contre le sol, une marrée humaine se dirige vers l'arène, prête à acclamer, à huer, le condamné.


Enfin cette éternité figée se brise, un cliqueti se fait entendre derrière lui, c'est l'Heure. Alors tout s'accélère, les pas, les cris, les chuchottements. Tonnerre d'applaudissements, c'est l'entrée en scène, la tension est à son comble. Il commence par manipuler les premières notes, il se les approprie, les parfume et puis les renvoit vers le public impassible, ce public qui semble se mouvoir tel un bloc, aucune dissention n'y est tolérée, tous doivent agir en même temps. Les notes s'écoulent en long flot, toujours plus dense. Soudain une ombre balaye la salle, une pensée collective, comme un murmure à l'oreille de chacun des spectateur. C'est une femme qui, la première, se lève. Il ne s'en rend pas compte, trop absorbé, trop en osmose avec sa musique, avec ses notes. Peu à peu, la salle se vide, peu à peu il ne reste que lui.


Sans un seul regard en arrière, il quitte la scène, sa tête bourdonne, il a envie d'exploser, d'expliquer à ce public qui ne comprend pas, mais c'est trop tard, ils sont partis. Dans le hall, il n'y a plus de pas qui résonnent, le calme est revenu. Il ne pleurt pas, il ne pleurt jamais, mais il boit, il boit pour ne pas penser, pour oublier. Il boit chaque jour ses larmes, et il s'endort.


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Jeudi 15 décembre 2005


Lux Sed Dementia (bis)

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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Mardi 13 décembre 2005


J'aurais préféré trouver un vinyl par terre, un vinyl poussiéreux, un vinyl qui sent les années d'enfermement, un qui n'aurait pas tourné depuis longtemps. Oui mais voilà il y n'y a pas eu de petit crissement, ni même de vinyl, j'ai découvert Thé à la Menthe au détour de quelques chansons à écouter sur un blog. Ce n'est pas comme ça que j'imaginais découvrir les souvenirs d'enfance de ma mère, ce n'est pas comme ça que j'aurais voulu entrevoir son enfance, mais on ne choisit pas. J'aurais pu espérer voir son enfance en face, en tête à tête près des canons de Casablanca, mais elle n'est pas prête pour y retourner.



J'aurais au moins pu voir comment "ça" s'était passé. Il ne m'a pas fallu longtemps pour que je laisse tomber les préjugés pour me concentrer sur cette chanson qui, si elle ne tournait pas avec un vinyl, avait au moins le mérite de tourner dans ma tête. Un instant j'ai revu la mer, trop froide, le sable, trop chaud mais cette atmosphère si particulière qu'on ne retrouve que là-bas, un instant, j'ai cru voir la boutique de mon arrière-grand-mère, une petite boutique pleine de petites choses disposées avec amour, pleine des cadeaux qu'on fait à sa femme. Un instant j'ai senti le Thé, ce fameux Thé à la Menthe, pas celui que l'on verse aujourd'hui sans amour dans des gobelets de carton, non, celui fait avec le coeur, celui dans lequel on mettait du vrai nahnah, de la vraie menthe celui avec lequel on se brûlait la langue avant de le savourer intensément. Ce n'était peut-être pas ça, son Maroc à elle, à ma mère, mais en tout cas maintenant c'est le mien.


Il a bien fallu que la chanson finisse un jour, que ces mélodies qui m'entraînaient hors du temps, hors de ma condition, s'achèvent. Pourtant, loin d'être déçu par cette fin, je ne la remarquai même pas, j'étais pris dans mes rêves, je sentais encore cette grande maison qui est devenu un restaurant typique, je sentais ce Thé, ce Thé à la Menthe.







Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
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