Mardi 17 janvier 2006
Vite, toujours plus vite, il faut se dépêcher, toujours. S'embarquer dans les trains bondés du temps, s'engouffrer dans une vague qui ne se laisse pas le temps de mourir, d'écumer, car même les vagues semblent se précipité démentiellement.
Le monde est sans doute fou, à force d'accumuler de l'avance, c'est du retard qu'on prend. Peut-être qu'il faut ralentir cette machinerie folle, peut-être faut-il enrayer ce processus qu'on ne maîtrise plus. Comme si on avait lancé une roue et qu'à présent elle roulait seule, et plus vite que prévu, comme si on avait pas prévu les conséquences de cette précipitation à échelle planétaire.
Toujouts se dépêcher, aller encore plus rapidement, parce qu'un moment de rêverie permettrait peut-être d'imaginer. Et alors là ce serait une catastrophe, imaginer, quelle horreur. Il faut s'accrocher à la réalité, s'y coller, faire corps avec cette bête changeante et lunatique. Il faut empêcher à l'être humain de pouvoir souffler, de pouvoir respirer, il faut le distraire, lui montrer des apâts, des faux. Il faut en plus qu'il y croit. Et on y croit, on se précipite jour après jour, on s'entasse pour ne pas avoir à subir la tyrannie de l'horloge.
Vite, vite, toujours plus vite. Vide, vide, toujours plus vide.
Photo: "Running Away From Time" par zjeery (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun
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Publié dans : Divagations Transcendantes
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