Time To Leave

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Sainte Parole

Nouveau
 "Sac à Cadavre"
100% Biodégradable

HAHAHAHAHA MOUHAHAHAHA

Mardi 17 janvier 2006

Run



Vite, toujours plus vite, il faut se dépêcher, toujours. S'embarquer dans les trains bondés du temps, s'engouffrer dans une vague qui ne se laisse pas le temps de mourir, d'écumer, car même les vagues semblent se précipité démentiellement.

Le monde est sans doute fou, à force d'accumuler de l'avance, c'est du retard qu'on prend. Peut-être qu'il faut ralentir cette machinerie folle, peut-être faut-il enrayer ce processus qu'on ne maîtrise plus. Comme si on avait lancé une roue et qu'à présent elle roulait seule, et plus vite que prévu, comme si on avait pas prévu les conséquences de cette précipitation à échelle planétaire.


Toujouts se dépêcher, aller encore plus rapidement, parce qu'un moment de rêverie permettrait peut-être d'imaginer. Et alors là ce serait une catastrophe, imaginer, quelle horreur. Il faut s'accrocher à la réalité, s'y coller, faire corps avec cette bête changeante et lunatique. Il faut empêcher à l'être humain de pouvoir souffler, de pouvoir respirer, il faut le distraire, lui montrer des apâts, des faux. Il faut en plus qu'il y croit. Et on y croit, on se précipite jour après jour, on s'entasse pour ne pas avoir à subir la tyrannie de l'horloge.

Vite, vite, toujours plus vite. Vide, vide, toujours plus vide.


Photo: "Running Away From Time" par zjeery (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 17 janvier 2006

La première chose qui me vient à l'esprit est que parfois je me demande à quoi je sers. Etre un éternel manipulé, à genou devant l'Autre, cette entité qui me domine et me contrôle, je me pose la question de savoir si, au final, je ne suis pas un jouet sans âme, sans coeur. Il y a pourtant des lueurs d'espoir, parfois ils me disent merci, alors j'existe un peu plus, je suis un peu moins.

Il y a aussi des rires, mais toujours cette sensation cruelle de manque absolu, cette peur qui me refroidit systématiquement. Des rires avec eux, qui ne liront probablement jamais ces lignes, qui ne se doutent même pas que je peux penser à eux. Pourtant.

Parfois je ne comprends pas, ces insultes gratuites, ces bassesses (très humaines, somme toute) qu'on ne prend même pas la peine de justifier. Il faut toujours justifier sa haine, ses insultes, au fond, ça permet à celui qui est visé de changer. Changer. Changer, encore et toujours changer, s'adapter.

Rêver, et à en crever. A en déterrer des souvenirs, des pratiques qu'on croyait enfouies, à tenter à nouveau, peut-être que cette fois ça s'écoulera... Non, toujours pas.


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 16 janvier 2006

Et si moi aussi j'en étais un? Pourquoi pas, au fond. Puisque je suis cet être qui étrange qui s'entête dans l'idée de contrer les règles établies, dans cette volonté de braver le courant. Alors pourquoi ne pas aller au boût de mon idée, pourquoi ne pas pousser ces règles dans leurs ultimes retranchements? Au fond, si cette société est si élitiste et si intolérante envers les autres, pourquoi ne pas devenir, définitivement, un autre?

Et si moi aussi j'en étais un? Un de ces être abjecte, dérangeant, un de ceux qu'on préfère sciemment ignorer. Qu'on préfère parquer dans des endroits qu'on rechignerait à souhaiter à ses ennemis, qu'on se plait à détruire au nom de la Science, cette déesse sans âme et sans pitié pour ceux qui souffrent autrement. Et si je devenais le cauchemar de ce monde, et si je devenais la différence sans entrer dans la démence.




Et si moi aussi j'en étais un? Et si ce n'était pas qu'un simple rêve absurde, si c'était plus que ces pensées remuées, brutalisées puis recrachées avec violence sur le monde. Pourquoi, au fond, ce désire d'être un de ceux qu'on nomme les autres ne serait-il pas la marque des autres? Je ne m'explique pas ce désire ardent de tourner le dos à cette société vampirique, à ce monde cannibale qui dévore ceux qui le nourrissent et donc qui ruine ainsi d'autres mondes, les mondes qui sont dans nos esprits, ces mondes parallèles si futiles et pourtant indispensables.

Et si moi aussi j'en étais un? Un fou.


Photo: "Chpt 3 Seeing Dementia Space" par Abyssal-Specter (DeviantArt.com)

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 15 janvier 2006

Réveil

Depuis quelques nuits, S. ressentait des douleurs au crâne. Dans son esprit des rêves fous se dessinaient, il imaginait des choses qu'aucun humain ne pourrait jamais imaginer. Pourtant tout allait bien dans sa vie, son destin semblait clairement se dessiner au loin, dans les méandres de l'avenir, aucun signe de maladie ne venait le troubler, pourtant il y avait ces rêves.

Des meurtres, des exécutions, il rêvait d'un monde fou qui assassinait son prochain en silence et en toute impunité. Il rêvait d'un monde où les humains seraient des animaux livrés à des bouchers sans coeur, où la chair humaine se négocierait en coulisses. Il voyait une planète détruite, livrée à une gigantesque expérience médicale: l'Humanité. Mais dans sa vie tout allait bien. Il se prit lui-même pour un fou, pour un individu à la paranoïa démesurée, il se haïssait pour des rêves qu'il ne comprenait ni ne contrôlait.




"Encore un qui va se réveiller, il faudrait leur administrer encore plus de Nect4, on a des nouveaux cas de prémonition et de réveil chaque jour, il faut absolument arrêter cette hémorragie". Ainsi était ouverte la séance. En effet, depuis quelques temps, les cas de réveils s'intensifiaient, surtout chez les spécimens qui avaient acquis une certaine éducation. "Nous ne pouvons pas continuer à augmenter les doses, ils vont tous y passer, nous devons réduire leur masse cérébrale". La voix froide du "Boucher" imposa le silence, tout le monde savait qu'il avait raison.


Complexe Alpha, salle 238; 22h34: L'individu S76225 s'est réveillé, il a immédiatement été euthanasié et conduit vers les services d'incinération.


Photo: "Euthanasia" par Nixua (DeviantArt.com)

Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 14 janvier 2006

Je regarde les murs blancs de ma chambre, j'ai l'impression d'être au fond d'un vide, de n'être qu'un tas de chair livide seulement déposé là pour contraster avec cette blancheur éblouissante. Ma tête est lourde, elle est un poids qui me traîne vers le bas, je ne tourne pas rond, je ne suis pas normal. Les ténèbres soudain m'envahissent, puis me quittent, me laissant là, tremblant comme une feuille. J'ai le curieux sentiment de devoir faire quelque chose, soudain mon esprit s'éclairçit, je ne dois plus être cet être dépendant, je dois bouger, saisir cet instant, cette opportunité d'exister.

Brusquement, mon corps s'anime, tel un pantin désarticulé, mes mouvements me semblent si peu naturels, si saccadés. Je tombe. Mon corps lourd sur ce sol froid, ma masse étendue là, dans une dimension surréaliste. Soudain, l'éclat de la lune perce l'obscurité, je contemple l'astre un instant, arrêtant mes efforts. J'ai l'air d'un animal émerveillé par son reflet dans le miroir, je suis un animal.

La poignée de fer est glacée, mes mains ne tardent pas à l'être aussi, je ressens alors l'appel grisant du dehors, de la liberté. Mon confinement dans cette pièce, l'enfermement qu'on m'a fait subir est à présent derrière moi, je ressens le monde qui m'appelle comme on ressent la faim. Le couloir me semble interminable, ponctué de petites fenêtre qu'on dirait expressément construite pour ne pas montrer la lune. Des lumières blafardes éclairent les portes des autres chambres, encore d'autres lieux blancs, d'autres sols glacials, d'autres qui attendent leur heure pour exister. Le mienne est venue.




La cuisine, mon but. Je remue tous les tiroirs, frénétiquement. Je ne pense même pas à ce que je cherche, ni même si je cherche quelque chose, mais il me faut trouver cette chose. Soudain je sens une lame froide effleurer ma peau, je sens le couteau qui glisse sous mes doigts, cette lame si bien taillée me faire saigner doucement. J'agrippe l'acier avec toute ma main, le sang coule sur le reste des ustensiles, qu'importe. Ce couteau sera mon allié, mon ami, ma raison d'exister.


Photo: "Knife" par dv8 (DeviantArt.com)


Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 13 janvier 2006

Le calme, les eaux qui se retirent, la braise qui lentement s'éteint, les flammes sont déjà parties. Les lumières sont éteintes, seul une veilleuse maintient les liens étroits entre eux, entre ces deux entités qui, en silence, attendent que tout reprenne.


Pourtant il suffit parfois d'un rien, juste un mouvement même imaginaire, juste un qui tire un peu plus sur la corde et alors c'est le début, le début d'un seul instant. C'est étrange, un instant qui bouleverse une journée, une fraction de seconde négligeable, mais qui remue le quotidien endormi de la vie.

Ce n'est pourtant pas beaucoup, il suffit d'y croire. Un instant, fixe, figé où tout semble s'arrêter, rien n'existe, rien, sauf ses yeux. Les yeux d'Océane, parce que tous les yeux qui me regardent sont les yeux d'Océane. Au fond de chaque iris, il y a Océane, il y a cette flamme qui s'anime, qui danse et qui s'en va, mais dont le souvenir reste, éternel signe, comme un phare dont la lumière déchire la nuit, un phare qui montre la route.

Un simple regard, parfois même un sourire, qui m'achèvent, qui m'emportent dans un chaos heureux, vers des pensées lointaines, des terres inexplorées, des recoins d'esprit qu'on appelle le Bonheur.


Photo: "My Eye" par Madxsin (DeviantArt.com)
Par Frankenstoun - Publié dans : Divagations Transcendantes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus