La première chose qui me vient à l'esprit est que parfois je me demande à quoi je sers. Etre un éternel manipulé, à genou devant l'Autre, cette entité qui me domine et me contrôle, je me pose la question de savoir si, au final, je ne suis pas un jouet sans âme, sans coeur. Il y a pourtant des lueurs d'espoir, parfois ils me disent merci, alors j'existe un peu plus, je suis un peu moins.
Il y a aussi des rires, mais toujours cette sensation cruelle de manque absolu, cette peur qui me refroidit systématiquement. Des rires avec eux, qui ne liront probablement jamais ces lignes, qui ne se doutent même pas que je peux penser à eux. Pourtant.
Parfois je ne comprends pas, ces insultes gratuites, ces bassesses (très humaines, somme toute) qu'on ne prend même pas la peine de justifier. Il faut toujours justifier sa haine, ses insultes, au fond, ça permet à celui qui est visé de changer. Changer. Changer, encore et toujours changer, s'adapter.
Rêver, et à en crever. A en déterrer des souvenirs, des pratiques qu'on croyait enfouies, à tenter à nouveau, peut-être que cette fois ça s'écoulera... Non, toujours pas.